
Simone Weber
Amour, jalousie et bétonnière. Moralité : certains cœurs brisés ne se réparent pas avec du ciment, ils se coulent. Et parfois, avec un petit coup de meuleuse pour la finition.
profil de l'individus
Simone Weber, née le 28 octobre 1930 à Ancerville, est la preuve vivante qu’on peut être discrète, travailler dur, nourrir cinq enfants, et en même temps cultiver un goût prononcé pour le chaos. Veuve, mère, manipulatrice professionnelle. Simone a tout pour passer pour une femme ordinaire… sauf qu'"ordinaire” ne fait pas assez peur pour décrire ses exploits.
Sans diplôme mais avec une imagination fertile, elle se lance dans la mythomanie, le faux mariage et les fausses ordonnances. Son style de vie ? Un cocktail de jalousie, ambition et plans tordus, servi avec un soupçon de paranoïa.
Et avec elle, la famille n’est jamais à l’abri d’une petite surprise “à la meuleuse”.
À ses côtés, sa sœur Madeleine joue les complices silencieuses, un rôle de soutien qui mélange loyauté familiale et obéissance face au chaos. Ensemble, elles forment un duo qui aurait pu inspirer une un documentaire intitulée “j'ai ruiné la vie de mon ex ”.



mise en contexte
Le 7 juillet 1985, Bernard Hettier disparaît mystérieusement. Quelques semaines plus tôt, il aurait rompu avec Simone, lassé par ses accès de jalousie et son obsession maladive. Mais Simone n’est pas du genre à laisser filer un ancien amant comme on perd un ticket de loterie : elle a un plan, et ce plan inclut un fusil, une meuleuse à béton et une bonne dose de créativité macabre.
Les enquêteurs, eux, se retrouvent face à une série d’indices qui ferait tourner n’importe quel Sherlock Holmes en rond : conversations codées avec la sœur, documents falsifiés, timbres en caoutchouc pour fabriquer de faux arrêts maladie… et surtout, une voiture remplie de preuves. Le tout dans une ambiance, où chaque piste recèle un peu plus de sang… et de béton.
les faits
Résumer les crimes de Simone Weber, c’est un peu comme raconter un épisode de Breaking Bad, version Meuse : un mélange de suspense, de folie domestique et de bricolage macabre.
Entre menaces, surveillance obsessionnelle et jalousie à faire fuir n’importe quel ex, Simone ne laissait rien au hasard avec Bernard Hettier. La location d’une meuleuse à béton, “outil de jardinage” selon elle, pour découper le corps de son ancien amant montre à quel point son sens pratique frôlait le génie… ou alors un amour vraiment, vraiment à toute épreuve. Une partie du corps de Hettier a été retrouvée dans la Marne, dans une valise lestée d’un parpaing, tandis que les autres morceaux jouent à cache-cache depuis des années.
Et puis il y a Marcel Fixard, ce retraité veuf et sans histoire que Simone avait rencontré en tant que dame de compagnie. Elle l’épouse dans un faux mariage, probablement pour toucher un héritage, et trois semaines plus tard, il meurt dans des circonstances suspectes... mais son corps n’a jamais été retrouvé.
Comme si découper un amant et gérer un héritage ne suffisait pas, Simone tente même de fabriquer un testament truqué pour récupérer ses biens.
Bref, deux crimes, deux victimes, une femme et une imagination criminelle hors norme
Pendant toutes ces années, Simone Weber jongle avec le mensonge et la manipulation comme d’autres avec des cartes à jouer. Elle nie, invente, récuse des jurés, renvoie vingt-cinq avocats, et n’hésite pas à insulter l’avocat général en public, un vrai professeur de criminalité : chaque coup d’éclat, chaque dialogue absurde et chaque sourire narquois deviennent une scène de spectacle qu’elle seule dirige, où le suspense se mêle au macabre et où la bétonnière tient le rôle principal.
Bref, avec Simone, l’horreur domestique prend des allures de performance artistique… et ça fait froid dans le dos.


conséquences judicaires
Après cinq années d’instruction et un dossier de 18 000 pages, le procès s’ouvre en 1991.
Verdict ? Simone Weber est reconnue coupable après avoir tenté le CAP en boucherie.. euh..pardon d’avoir découpé le corps de Bernard Hettier à la meuleuse, mais innocente du meurtre de son faux mari Marcel Fixard. Elle écope de vingt ans de réclusion, avec une période de sûreté de dix-huit ans. Sa sœur Madeleine, quant à elle, est condamnée à deux ans pour recel et destruction de preuves.
Simone purge sa peine à Rennes, toujours proclamant son innocence, une amnésie sélective ou simple mauvaise foi ? On ne saura jamais.

Elle est libérée en 1999, après quatorze années derrière les barreaux, et continue de clamer son innocence jusqu’à sa mort en 2024 à Cannes, laissant derrière elle une affaire qui reste un cocktail explosif d’amour contrarié, de béton et d’activité créative.
Moralité : certains cœurs brisés ne se réparent pas avec du ciment. Et si vous pensez que les histoires de famille sont compliquées… essayez juste de ne jamais croiser Simone Weber au rayon bricolage, vous risqueriez de repartir avec bien plus que des vis et des planches.
en savoir plus
Quand jalousie, béton et macabre se rencontrent… découvrez l’affaire Simone Weber, là où l’amour tourne au thriller !

